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« Le cœur du Burundi bat à Ottawa »

A la veille de la conférence intitulée «Le Burundi et ses souffrances cycliques : Peut-on s’en sortir?», l’Alliance des Burundais du Canada (ABC) s’est entretenue avec l’un des invités d’honneur, Antoine Kaburahe, auteur du livre : «Hutsi, au nom de tous les sangs». Le célèbre journaliste-écrivain Burundais rend hommage à l’association.

Comment avez-vous accueilli l’invitation de l’ ABC de lancer votre livre lors de la conférence d’Ottawa le 19 mai prochain?

J’ai été très touché et honoré par votre invitation. C’est un geste fort qui montre l’importance que votre association accorde à la réflexion sur des questions essentielles à la mémoire burundaise, au vivre-ensemble. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois, il y a deux ans, lors de la sortie de l’ouvrage « Rester debout » de Pierre-Claver Mbonimpa vous nous aviez déjà fait l’honneur de nous inviter. Merci pour tout ce que vous faites, vraiment.

Justement, «Rester debout»,«Hutsi, au nom de tous les sangs?» est-ce qu’il y a quelque chose de commun entre ces deux ouvrages?

Ce sont des témoignages forts de personnalités qui, malgré des blessures profondes, parfois même physiques comme pour Pierre-Claver Mbonimpa par exemple, refusent la haine, les raccourcis. Quelque part, Pierre-Claver Mbonimpa et Aloys Niyoyita partagent un même idéal : celui de contribuer à bâtir une nation réconciliée avec elle-même. Leur message doit être entendu, partagé.

La conférence à laquelle vous êtes venu participer est intitulée : «Le Burundi et ses souffrances cycliques: peut-on s’en sortir?» et aussi. Qu’est-ce que ce livre peut apporter dans le débat qui nous attend le 19 mai?

Ce livre raconte la peur, l’incompréhension, le désespoir, les rêves brisés de toute une famille après l’assassinat du père en 1972. Une année noire qui a marqué profondément l’histoire du Burundi.  Un cataclysme qui a frappé toute une génération et dont le Burundi paie encore les conséquences. Le récit d’Aloys Niyoyita est une leçon de vie et  de courage. De résilience surtout. Au nom de « tous les sangs » qu’il porte en lui, il invite les Burundais à dépasser les assignations identitaires et construire, enfin, un ordre juste dans un pays sûr. Aloys n’a pas pu faire le déplacement, mais il sera représenté par sa grande sœur Justine Nkurunziza, une grande dame, une femme engagée, debout, un modèle pour moi.

Comme journaliste, comme écrivain, qu’attendez- vous de cette conférence à laquelle vous allez participer ?

Qu’elle soit un moment de communion entre les Burundais ! Qu’elle soit riche en échanges. C’est le blackout qui favorise toutes les manipulations. Il faut arriver à mettre des « mots sur ces silences qui nous pourrissent la vie. « La vérité nous rendra libre », comme disait le prophète. Nous sommes appelés à vivre ensemble. Comme supplie Aloys, travaillons à laisser à nos enfants ce pays que nous n’avons pas connu : un Burundi de paix. Brisons justement ces cycles de violences. Nous le pouvons.

Un mot pour nos membres et la diaspora burundaise qui vous lisent?

Continuez ainsi, rester « connectés » sur votre mère patrie comme vous le faites bien. Vous êtes une diaspora engagée. Vous êtes à Ottawa, mais votre cœur bat au Burundi. Pour paraphraser un poète, « vous n’habitez pas le Burundi, mais le Burundi vous habite. » L’histoire retiendra votre engagement. A très bientôt donc !

Pour vous inscrire à la conférence «Le Burundi et ses souffrances cycliques: Peut-on s’en sortir?», veuillez cliquer ici : https://www.eventbrite.ca/e/burundi-et-ses-souffrances-cycliques-peut-on-sen-sortir-tickets-60669927386

Pour commander le livre « Hutsi, au nom de tous les sangs », veuillez cliquer ici : http://www.iwacu-burundi.org/un-livre-un-choc/

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